Lettre aux membres du 15 juin 1998

Publié par : ASAC.

Chers amis et amies du chanvre,


L’activité principale de notre association consiste essentiellement et principalement en la diffusion d’informations pratiques et juridiques concernant le chanvre – car seul qui possède de solides connaissances en la LfStup peut s’affirmer en matière de chanvre naturel. Les personnes et les commerces qui ont des difficultés avec les autorités (fermeture, séquestre, amendes, etc.) en sont eux-mêmes responsables, pour n’avoir pas acquis les connaissances nécessaires. Avec le chanvre, c’est comme avec la montagen: l’alpiniste qui tombe à cause de son matériel défectueux est seul respon- sable, pas la montagne.


Comme annoncé dans la dernière lettre, vous lirez plus bas, pourquoi et comment la ‘marijuana’ est aux yeux des autorités, un ‘stupéfiant’ au sens de la LfStup, et pourquoi il vaut mieux ne pas y toucher si l’on désire bénéficier de la tranquillité et de la liberté du commerce.


N’oubliez pas : la tranquillité et la liberté du commerce – les bonnes affaires également – tout cela n’est garanti que là où il ne s’agit que de chanvre naturel. Le chanvre naturel, sa culture, le commerce et la vente sont libres et donc personne ne lui cherche noise.


Considérez d’abord que LfStup n’est pas une loi policière, mais une loi qui réglemente la fabrication, la distribution et la vente de spécialités pharmaceutiques, en bref, de médicaments qui ont un effet stupéfiant et qui engendrent la dépendance. En conséquence de quoi, tous les termes utilisés dans la LfStup doivent obligatoirement être compris au sens médical. Autant une « bougie » dans l’atelier d’automobiles a une toute autre signification que la « bougie » dans l’atelier du peintre, autant le « chanvre » de la LfStup a une toute autre signification que le « chanvre » dans le langage quotidien.


Le chanvre en language quotidien, c’est toute la plante de chanvre, tandis que chanvre en language officiel de la LfStup signifie, uniquement et exclusivement, les extrêmités florifères de la plante, sans graines ni feuilles. Tout ce qui ne correspond pas exactement à la définition légale du chanvre n’est, tout simplement, pas du chanvre au sens de la LfStup. Le mot « plante » ne se trouve nulle part dans la LfStup ce qui est bien normal, car la plante n’est pas en Suisse – au contraire du reste du monde – interdite d’existence.


Ce sera là, bien précisément, le sujet de la prochaine assemblée générale, le 21 juin prochain. Ce serait fort dommage que vous ne soyez pas des nôtres : en effet, des membres de l’ASAC, ayant gagné devant les tribunaux (ou étant en passe de gagner) raconteront leur procès. Toutes les questions portant sur chanvre, la loi sur les stupéfiants, sur l’alimentation et sur l’agriculture trouveront, rapidement et sans ambage, une réponse efficace au plan pratique et quotidien.


Si un membre de l’ASAC, se trouvera encore après le 21 juin, en butte avec les autorités à cause du chanvre naturel, eh bien, il n’aura qu’à s’en prendre à lui-même…


Et maintenant, voyons ce qu’il en est de la ‘marijuana’:


La ‘marijuana’, en son acceptation d’aujourd’hui, est un chanvre indien (cannabis indica) très spécial, car poussé en lumière artificielle vers l’obtention d’une résine de 14-23 % de THC-total. Eh bien, comme une telle plante n’existe pas dans la nature, elle est donc, quasiment, un ‘produit’, c’est-à-dire le résultat d’une intervention de l’homme. Ces «plantes-à-THC», qui nous viennent des USA, via Amsterdam, sont des plantes malades ne subsistant qu’avec l’électricité et l’engrais chimique. L’effet de la marihuana n’est pas celui légèrement tonique, du chanvre indigène (sativa), ni celui, légèrement analgésique, du chanvre indien (indica). L’effet de la marijuana, cette plante « chimique », est au chanvre normal ce qu’un travesti brésilien de Zurich est à une jeune bergère des montagnes. Ceux qui ont du goût et de la classe savent la différence et la pratiquent.


La marijuana plaque à la définition du chanvre de la LfStup: “les extrêmités florifères sans graines ni feuilles de la plante de chanvre”. Ce qui est décisif, c’est que les fleurs n’ont pas de graines (ou au plus, des graines jeunes non formées). Pourquoi donc? C’est bien simple : comme le chanvre sert de matière première aux pharmaciens pour l’obtention de médicaments, il ne doit pas y avoir de graines, sinon diminuent tant le poids que la force du chanvre. Pour le pharmacien, c’est comme pour l’entraîneur d’une équipe féminine d’athlétisme : Qui est enceinte n’appartient plus à l’équipe. Le chanvre « enceint » donc avec graines, n’est plus du chanvre (cannabis) au sens de la loi, car il n’est pas propice à l’obtention de médicaments – donc il n’est pas du chanvre au sens de la LfStup. C’est aussi simple que cela.


La vente de chanvre indigène (chanvre naturel, chanvre paysan, sativa) n’est sujet à aucune intervention policière ou judiciaire et c’est ainsi que, depuis cinq ans déjà, il pousse et prospère, il vit en paix. Et cela est juste et bon.


Lisez maintenant, lentement, attentivement et complètement, les annexes de cette lettre d’aujourd’hui – on y apprend beaucoup -, et amusez-vous avec l’affaire de Clemens Hinder. Persuadez-vous que, membre de l’ASAC, vous en savez bien plus sur la matière chanvre/LfStup que tous les juges suisses réunis (lesquels savent bien peu et ne veulent pas en savoir plus).


Qu’il vienne, celui qui doute de cela, ce 21 juin prochain à Berne, et le soir, il s’en retournera à son foyer, bien convaincu que sa participation à l’assemblée méritait la peine de se déplacer. D’ailleurs, l’assemblée générale de cette année sera bien joyeuse, car nous avons mille raisons et plus encore de faire la fête (il est bien rare, en ce pays secoué par les crises, de pouvoir parler ainsi). Chaque membre a loisir, lors de l’assemblée générale, d’acheter pour 10 francs la pièce, des Bons d’une valeur de 100 francs pour l’achat en automne, de chanvre naturel à 100 francs moins cher le kilogramme.


Lors de l’assemblée générale, dans la salle la consommation de nicotine est, par égard à la santé des autres participants, prohibée. Par contre du chanvre naturel de montagne sera à disposition des membres pour consommation sur place et à discrétion.


Les membres francophones recevront en français, dans un courrier ultérieur, les textes juridiques rédigés en allemand.


A très bientôt !


Le comité