Lettre à madame Ruth Dreifuss

Publié par : C. Hinder.
“Même une opinion généralement répandue ne dispense personne du devoir d’examiner en toute indépendance si un certain fait est permis ou non.
Le point de vue valable à l’étranger n’est d’aucun apport pour savoir ce qui est admissible selon le droit suisse.”

(Arrêt du Tribunal fédéral, 1949, IV, p. 170/ 173)

 


Lettre ouverte











 


 

Madame
Ruth Dreifuss
Cheffe du DFI
Palais fédéral
3000 Berne

Madame,

la présente lettre, que vous nous faites l’honneur de lire, est adressée à trente-trois mille autres médecins et pharmaciens, juge et avocats, rédacteurs et journalistes, aux parlementaires fédéraux, – à toute l’élite suisse, afin que personne ne puisse, plus tard, dire qu’il n’avait pas su.















pas su qu’en notre pays, à notre époque, il est des milliers de malheureux qui souffrent inutilement, parce que, malades, ils sont privés des seuls médicaments qui leur conviennent.

pas su que des milliers sont déjà morts, parce que privés de soins médicaux


pas su que cette longue chaîne de souffrances et de déchéance humaine peut être arrêtée.

L’Histoire nous juge, nous contemporains, non pas sur un passé d’il y a soixante ans, mais sur notre présent: Ici et 


 


aujourd’hui, il est une frange de la population qui est discréditée, ghettoisée et criminalisée.


La loi suisse ordonne de traiter en tant que malades les personnes dépendantes, de ne pas les mener tels des délinquants à la police, mais de les soigner médicalement. La réalité vécue dans la politique et dans la rue est tout autre. Les malades de la rue attendent que la loi leur soit appliquée – la police étant entre-temps congédiée. Le Département fédéral de l’intérieur pourtant ne consent pas à reconnaître la loi suisse.


C’est pourquoi nous en appellons aux médecins pour qu’ils reprennent possession de leur autorité; le serment d’ Hippocrate les y exhorte, la loi en vigueur leur enjoint d’agir et la situation actuelle l’exige. Aux hommes de loi, pour qu’ils fassent appliquer le droit suisse.
Au quatrième pouvoir, pour qu’il fasse enfin son devoir.


Sachez que la non-application de la loi a eu comme conséquence – à ce jour – quelques six mille décès, énormément de chagrin, de désespoir et autant de criminalité. Donnez donc le temps et l’occasion à votre conscience de s’informer – en vous remerciant d’avance.


Veuillez agréer, Madame, l’assurance de notre parfaite considération.


ASAC


 
 


C. Hinder, membre du comité