Lettre aux membres du 28 janvier 1999

Publié par : ASAC.

Chers amis et amies du chanvre


Voilà de longs mois que votre association ne vous a plus écrit. Est-ce à dire qu’il n’y avait rien à raconter? Que nenni, non ! tout au contraire: Chaque mois apportait son plein de nouvelles, son lot bien tassé d’évènements et de surprises, et nous ne savions plus très bien par où commencer pour raconter. Nous ne nous sommes pas croisé les bras à l’ASAC, le temps a été employé à travailler à la cause du chanvre et à conseiller ceux qui s’occupent honnêtement de chanvre.


C’est ainsi que ne se comptent plus les succès judiciaires que remportent l’ASAC et ses membres. Il faut dire que la connaissance, de la loi aide bien les connaisseurs. Par exemple :


— Ce juge fribourgeois qui rend ses sachets de thé de chanvre à un accusé et le libère de toute charge, précisant que ce n’est pas parce que le chanvre peut potentiellement servir à un acte délictuel (extraction de stupéfiants) que cela veut dire que le chanvre est en soi délictuel. En d’autres mots: Ce n’est pas parce que ma voiture peut potentiellement servir à un dépassement de vitesse dans un village que la police a le droit de me confisquer la voiture, comme si le dépassement de vitesse avait effectivement eu lieu (peine demandée: 3 jours de prison et 700.– frs d’amende).


–Ce tribunal vaudois qui libère de toute peine un accusé qui avait vendu quatre plantons il y a quatre ans au marché de Lausanne. L’instruction de la cause a duré quatre ans, eh oui… .


–Ce tribunal argovien qui innocente le vice-président de l’Association suisse des cultivateurs de chanvre (ASCC), lequel vend du thé au chanvre naturel. Il a été à cette occasion précisé par les autorités judiciaires que le thé au chanvre naturel n’est pas un stupéfiant, vu son bas prix ainsi que son bas taux de THC comparés à la marijuana. C’est là une belle victoire, surtout que cela se passe en Argovie, canton bien connu pour sa férocité contre tout ce qui s’apparente à la feuille à cinq doigts. Mais voilà, quand la loi est claire, qu’elle ne souffre pas d’interprétation et qu’elle est présentée aux juges de façon propre en ordre, les juges même de mauvaise volonté doivent s’incliner (peine demandée : 30 jours de prison et 2000.– frs d’amende).


–Ce juge fribourgeois qui ne trouve rien à redire à six kilogrammes de « marihuana » (acte d’accusation) destinés à la consommation personnelle et qui libère l’accusé (peine demandée : 1’000.– frs d’amende).


–Cette patrouille de police lucernoise qui vérifie une voiture pleine à ras bord de bon chanvre indigène très odorant ( … !) et, vérification faite qu’il n’y avait ni haschisch ni marihuana, laisse repartir le conducteur, notre bien connu membre André Fürst.


–Ce tribunal cantonal de Fribourg qui, grinçant des dents, doit rendre un permis de conduire, après en avoir reçu l’ordre du tribunal fédéral, auquel l’automobiliste s’était adressé.


–Ce juge saint-gallois qui libère de tout chef d’accusation une accusée qui consomme, pour atténuer son mal de dos, des cigarettes et du thé au chanvre.


–Ce service des automobiles vaudois qui rend son permis de conduire à un automobiliste à qui on l’avait enlevé pour consommation de chanvre et de concentrés de chanvre. « La politique vaudoise a été révisée en profondeur: Le chanvre n’est plus considéré comme un danger pour la circulation routière, entraînant un retrait immédiat et un contrôle d’abstinence » (service des automobiles). Grâce à l’ASAC donc, ce sont des dizaines et des dizaines de consommateurs de chanvre, – chanvre indien (marihuana) y compris – qui peuvent désormais rouler tranquillement. Comme quoi, de lire les, conseils juridiques venant de l’ASAC, ça vaut son pesant de tranquillité, n’est-ce pas?


–Ce tribunal valaisan qui dit clairement que, la police a le droit de faire une prise de sang pour détecter une éventuelle consommation d’alcool, mais pas une éventuelle consommation de chanvre. Alors, voilà, si vous vous faites contrôler et que vous n’avez pas consommé d’alcool, donc que votre haleine est propre, vous refusez carrément la prise de sang – et ce même si c’est un juge d’instruction qui l’ordonné, car il n’en a tout simplement pas le droit. A 100 % pas!


Il y a et il y aura d’autres victoires encore, mais cela sera pour le prochain courrier.


L’on constate donc que la connaissance de la Lfstup est le commencement de la sagesse – cela s’est vérifié ces derniers temps avec ces nombreux magasins, qui, poussés comme champignons après la pluie, aux noms américains (c’est tellement plus beau … ), ont reçu la visite de la maréchaussée, suivie de séquestres, fermetures et beaucoup d’ennuis.


Vous avez en annexe le procès-verbal de la dernière assemblée générale de l’ASAC, tenue à Berne fin juin 1998. Il y est question d’une assemblée générale en décembre et de considérations générales sur le chanvre et l’ASAC. L’assemblée n’a pas été convoquée. La raison? Ce sera pour la prochaine lettre.


A très bientôt.


Cordialement


Le comité