Lettre aux membres du 9 avril 1999

Publié par : ASAC.

A nos chers membres


Rétrospective


Chère amie du chanvre, cher ami du chanvre


Il est temps de faire une rétrospective. L’Association suisse des amis du chanvre a été fondée, il y a une bonne dizaine d’années, par une pognée d’adeptes inconditionnels. Ils avaient tous mal au ventre. Mal au ventre parce qu’il leur déplaisait d’être poursuivis – à cause de leur remède/ de leur prédilection/ de leur coutume. Les milieux officiels les ont informés de ce que cela faisait à juste titre et l’opinion généralement répandue était que la culture du chanvre était interdite, tout comme le cannabis. Tout ce qui avait à voir avec le chanvre, même de très loin, fut l’objet de confiscations et de poursuites (même les livres).


Nos recherches nous ont confrontés au fait que la Lstup et les conventions internationales portent uniquement sur le commerce et le trafic de stupéfiants et non pas sur la prescription médicale de stupéfiants ni sur la production privée et non commerciale destinée à l’automédication


Le cannabis n’a pas non plus été interdit (voir plus haut), sinon que la production de stupéfiants à des fins commerciales ainsi que leur commerce ont été mis sous contrôle au moyen de la loi, et la production de hachisch et d’héroïne à des fins commerciales, pour l’emploi non médical, a été interdite. Les stupéfiants, tels que la loi les définit à l’art. 1, sont des substances et des préparations qui engendrent la dépendance, donc la toxicomanie. Or le chanvre n’est ni un stupéfiant, ni une substance, ni une préparation et il ne rend pas non plus dépendant.


Nous, les ami(e)s du chanvre, savons – et pas seulement depuis le livre de Jack Herer – que le chanvre est une bonne chose et que personne n’a le droit d’interdire une plante naturellement utile, qui est un don de Dieu (“Au nom de Dieu tout puissant” – préambule de la constitution fédérale) et qui de plus ne nuit à personne.


Par conséquent, le discrédit qui a frappé le cannabis dans le monde entier doit cacher des intérêts. Ces intérêts, Jack Herer les a décrits, de même que les “Hanfblatt” de l’ASAC et la teneur de la loi en donne un témoignage éloquent. Il existe ainsi en Suisse quelques organes qui mettent tout en œuvre pour que la vérité ne devienne pas publique : les médias, qui manquent à leur tâche ; quelques politiciens parce qu’ils peuvent se donner du profil ; la police, des juges et des avocats parce que la criminalisation croissante et la criminalité leur donnent beaucoup de travail et que leur prestige augmente en outre auprès d’une large couche de la population ; les médecins parce qu’ils ne gagnent rien avec la vérité, ce sont les malades qui rapportent de l’argent ; aucun n’a intérêt à ce que la vérité apparaisse au grand jour – exactement comme au temps de Galilée…


Il en va de même de l’initiative populaire DROLEG. Elle a été lancée par des milieux (travailleurs sociaux) qui ont un intérêt professionnel à la persistance de la prohibition car elle garantit leur salaire, et fut soutenue par le PS et les Verts. L’initiative populaire DROLEG ne s’est pas rendu compte que sa demande de liberté de consommation en matière de chanvre a déjà été satisfaite:


En effet, la Lstup n’interdit pas tout ce qui est lié au cannabis. Sont interdits la fabrication industrielle, le commerce et le trafic des produits suivants intitulés stupéfiants : résine (hachisch), teinture, extrait, huile. La fabrication privée et la consommation pour le plaisir de résine, de teinture, d’extrait ou d’huile sont également interdites. En revanche, chacun est libre de fabriquer et de consommer ses propres remèdes, donc également de la résine, de la teinture, de l’extrait et de l’huile. Tout un chacun a donc la liberté de cultiver du cannabis pour l’automédication, afin d’en tirer de la résine, des teintures, des extraits ou de l’huile, tant que ces produits ne sont employés qu’à des fins thérapeutiques privées et personnelles.
Les médecins, pour leur part, peuvent et même doivent délivrer des médicaments à base de chanvre lorsque l’état de santé du patient l’exige – ainsi le veut la loi suisse en vigueur.
L’ASAC ne pouvait donc pas soutenir l’initiative populaire DROLEG, car elle constituait un nouveau leurre visant à “damner” complètement le chanvre (assimilation au stupéfiant qu’est l’héroïne au niveau de la constitution !).


L’ASAC s’est frayé sa propre voie parmi toutes ces réflexions et s’est livré à une étude approfondie de la loi. Le chanvre est libre, dit la loi. Nous voulons que la loi soit appliquée. Et nous sommes (encore)  seuls sur cette voie. Quelqu’un n’a-t-il pas dit, il y a 2000 ans : “il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.”


Lorsqu’un pays n’est pas prêt à reconnaître et à imposer ses propres lois (et la vérité manifeste) et vend les droits de ses citoyens à l’étranger, lorsque les citoyens ne croient pas et ne voient pas et que les médias méconnaissent la vérité, alors il est temps de partir – nous n’avons pas besoin d’autres lois ni d’autres articles constitutionnels. Nous n’avons pas besoin d’en dire plus. Nous avons parlé et écrit – plus de dix ans durant. Nous avons ramené le chanvre conformément aux statuts de notre association. Nous avons fait notre, avons dit la vérité. Et que celui qui est capable de penser voie (dans la Lstup) et que celui qui veut entendre sente!


L’ASAC ayant ramené le chanvre, elle devait être dissoute en décembre dernier, puisque l’objectif stipulé dans ses statuts a été atteint. Mais l’association continuera d’exister parce qu’il y a encore quelques affaire à régler cette année – en 1999. Merci à vous, amis et amies du chanvre, qui, par votre adhésion à notre association, avez pris part à l’événement historique qu’est la réhabilitation de la culture du chanvre dans le seul pays où cela soit encore possible – la Suisse.


Vous trouverez ci-joint un joli poster représentant la vache suisse du chanvre (à commander pour Fr. 7.-/pièce + Fr. 3.- de port). N’oubliez pas  : la cotisation se paie en mars.


Recevez nos meilleures salutations


Le comité


P.S.: depuis cette année, tous les commandants de police et tous les ministères publics reçoivent le courrier des membres à titre d’information. Les autorités savent ainsi ce que les membres de l’ASAC – et inversement – et c’est bien ainsi.