Communiqué 05.12.2002

Publié par : ASAC.

ISPA et cannabis : il y a un problème

Citée avant-hier en divers journaux sous le titre ‘Cannabis : il y a problème’, une dépêche de l’ATS fait état de 7 % de personnes interrogées pour qui le cannabis « pose un problème ». L’ATS se basant sur un sondage de l’Institut de prévention  de l’alcoolisme  et autres toxicomanies (ISPA) et ne fournissant aucun élèment sur le genre de problèmes rencontrés, d’aucuns ont déduit que cela touchait à la santé, comme l’hypertension et  les problèmes cardiaques mentionnés par l’ATS. Or, il n’en est rien et la döpêche de l’ATS ne précise malheureusement pas que les problème touchant les 7 % cités ne sont pas d’ordre médical, sinon qu’il s’agit de difficultés au contact avec la police, l’administration ou des proches. La science médicale, en effet, ne se connaît aucune difficulté majeure née de la consommation du seul cannabis. Pour ce qui est de l’hypertension et les problèmes cardiaques, ceci se limite aux tout premiers consommateurs et les quelques palpitations cardiaques observées sont sans danger car elles se résorbent  après quelques minutes déjà. Elles ne sont pas dues au chanvre, sinon à la nicotine contenue dans le joint. Un joint n’est en effet rien d’autre qu’une cigarette dont une partie du contenu a été remplacée par du cannabis (indica). L’effet majeur d’un ‘joint’ est donc celui de la nicotine dont l’effet, dès qu’on lui ajoute du cannabis indica (alias ‘marijuana’) est augmenté, et peut même, chez un premier consommateur, déclencher un petit ‘flash’ s’apparentant à celui produit par une prise de diacéthylmor- phine (alias ‘héroïne’).

Face à la campagne de dénigrement sans précédant qui déferle depuis le début de l’année et qui attribue au cannabis (indica) la paternité d’accidents sur route ou, dernièrement, de favoriser la schizophrénie, il est nécessaire de souligner que la campagne en question fait grand tort au chanvre indigène (sativa non-indica), dédaigné par les fumeurs de joints à cause de son peu d’effet, mais ce nonobstant identifié au chanvre indien (cannabis indica). L’ISPA joue un rôle prépondérant dans cette campagne. En effet, l’ISPA menée par son directeur Müller s’est, peu de temps après le renouveau du chanvre en Suisse patronné par l’ASAC, lancée dans un activisme fait de sondages souvent alarmistes et de statistiques pas toujours scientifiques. La très forte dépendance de l’ISPA face à l’administration fédérale en fait un interlocuteur peu fiable, voir redoutable en demi-vérités répandues sur le cannabis sous le couvert d’une information que d’aucuns croient toujours objective. Le cannabis, non-indica ou indica, n’a de mémoire d’homme jamais infligé un quelconque dommage à ses consommateurs, mais comme il fait une redoutable concurrence aux industries de l’alcool et de la nicotine, celles-ci investissent énormément d’argent et d’influence pour défendre des thèses qui lui sont défavorables et qu’on retrouve partiellement dans les informations diffusées, ou dans les silences, de l’ISPA.  Par exemple, l’ISPA  ne dit pas que le chanvre indigène, alias chanvre paysan, ne ‘pète’ pas, mais que c’est un antidote efficace à l’alcool et à la nicotine,vendu sous forme de ‘joint’ (cigarettes sans tabac) dans les drogueries d’avant-guerre et, en Suisse, jusque dans les années 50. 

 


 


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