Communiqué 04.04.2003

Publié par : ASAC.

Agriculture fribourgeoise : dénigrement  officiel du chanvre agricole légal
Mise en cause du directeur cantonal de l’agriculture


C’est sur fond disciplinaire et pénal que s’achemine une communication d’une demie-page en français ou en allemand, signée du Service de l’agriculture fribourgeois et publiée dans deux quotidiens fribourgeois et dans trois journaux agricoles distribués dans toute la Suisse (‘Agri’, ‘Schweizer Bauer’, ‘BauernZeitung’). Comme conséquence directe, deux agriculteurs de Murist (FR) ont annulé leur décision de cultiver cette année une demi-douzaine de poses en chanvre agricole légal.


Selon la communication en question, tout chanvre avec une concentration en THC (tétrahydrocannabinol) supérieure à 0,3 % et qui de plus est ne figure pas dans le catalogue de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) serait légalement considéré comme stupéfiant (« dans ce cas le chanvre est objectivement un stupéfiant »)  – sa culture et son emploi génèreraient de graves ennuis judiciaires pour le paysan. Le Service de l’agriculture donne à croire qu’il n’existerait en fait que deux types de chanvre, le chanvre hybride de l’OFAG et le chanvre indien (alias ‘marijuana’) mentionné à l’art. 1 LStup, ital. (‘canapa indiana’). Il passe sous silence le fait qu’existe un troisième type tout-à-fait légal, savoir le chanvre agricole indigène (env. 1,5 % THC, max. 3 %), lequel est une culture officielle enregistrée au numéro 533 de la formule officielle de la Confédération d’annonce des cultures agricoles. Le chanvre 533, reçoit comme toute autre culture légale, un paiement direct de 1200 frs par hectare.


Service d’agriculture fort incompétent ou fort obéissant
Des plaintes dirigées contre le Service de l’agriculture pour concurrence déloyale et des requêtes en rectification sont annoncées par devant les tribunaux de Lausanne, Berne et Fribourg, lieu de parution des journaux en question. Invité par un représentant du milieu du chanvre agricole à procéder à une rectification pour éviter ces démarches, le chef de service, M. Felix Aeby, s’y est catégoriquement refusé. Selon communication du secrétaire général du département de l’agriculture, c’est avec l’accord exprès du conseiller d’Etat chargé de l’agri- culture, M. Pascal Corminboeuf, que le chef de service a fait paraître la fausse communication sur le chanvre paysan (sativa non-indica).


Echos en Valais
Dans un article à paraître demain, ‘Le Nouvelliste’ dit que le service d’agriculture n’avait «pas le droit de faire peur à nos paysans qui cultivent du chanvre indigène, car il y a distorsion de la  concurrence et il n’avait pas le droit de publier sa mise en garde hors du canton de Fribourg».


 ASAC