Communiqué 02.06.2004

Publié par : ASAC.

Chanvre indien du Val-de-Travers


Le chef de la sûreté neuchâteloise, M. O. Guerniat, a fait, lors d’une conférence de presse, une affirmation reprise dans la presse du 20 mai 2004 et qui a surpris tout le monde concernant le chanvre indien sous serre du Val de Travers: „Il contient entre 20 et 30 % de tétrahydrocannabinol, la substance active. Le fumer est plus toxique que l’héroïne actuellement sur le marché et pourrait entraîner la perte de conscience du consommateur“. Ce qui est dit là est dénué de pertinence toxicologique, c’est en effet comme dire que le moût de raisin (1 – 3 alcool), c’est plus fort que du cognac frelaté – ce n’est pas vrai, après un litre on s’en rend parfaitement compte (…).


Pour ce qui est du chanvre indien génétique, le docteur J.-A. Dubois, médecin au Centre de prévention et de traitement de la toxicomanie (CPTT) de la Chaux-de-Fonds, constate dans ‚Le Matin’ du 29 mai 2004 qu’un surdosage engendre „des tachycardies, des nausées, des troubles anxieux ou d’autres sentiments désagréables“. Ce sont là les symptômes de tout surdosage – bière, cigarette, nourriture, exercices physiques – peu importe la substance ou l’activité. L’héroïne, est tout autre chose, c’est un produit chimique élaboré en laboratoire, très toxique avec une dose mortelle de quelques grammes. Ces données scientifiques sont notoires, incontestées parmis les professionnels et il n’en est pas un qui mette en parallèle le chanvre indien avec l’héroïne.


En le faisant malgré tout, signalant erronément une menace imminente pour la vie ou la santé, le chef de la sûreté a jeté l’alarme dans le cercle des familiers, amis et proches des dits consommateurs de chanvre indien. C’est donc une frange importante de la population suisse qui a été inutilement effrayée par une comparaison fausse, alarmiste et irresponsable venant d’un employé d’Etat justement chargé de la sécurité publique. Au vu de cette situation et des art. 33 du Code pénal neuchâtelois et 258 du Code pénal suisse (CPS), qui répriment les fausses alarmes, une dénonciation pénale a été déposée aux mains du Conseil d’Etat, dirigée contre le chef de la Sûreté neuchâteloise et deux magistrats de l’ordre judiciaire qui, par leur présence et leur statut, ont participé lors de la conférence à la commission du délit retenu par l’art. 258 (CPS).


ASAC