Communiqué 03.11.2005

Publié par : ASAC.

Compte-rendu sur les constatations faites par une commission indépendante privée concernant l’opération du  (citation) ‘Cartel du Chanvre de Val-de-Travers’.


 


La création de la commission d’enquête privée sur les évènements du Val-de-Travers a été jugée nécessaire vu les zones d’ombres qui persistaient sur l’opération ‘Cartel du Val-de-Travers’.


 


Il a été procédé, par la dite commission, à une analyse détaillée et très approfondie de la thèse officielle, selon laquelle c’est au hasard qu’est due la découverte du site de production sous tunnel de marijuana dans l’ex-usine Dubied à Couvert, dans le Val-de-Travers, fin mai de l’année passée.


 


Les faits et des documents recueillis par la commission semblent indiquer, au contraire, que tant le mode de faire que la date de l’opération ont été minutieusement préparés et décidés par un groupe composé de deux magistrats de l’ordre judiciaire neuchâtelois ainsi que d’un fonctionnaire supérieure de la police cantonale neuchâteloise.


 


La commission n’a pas répondu à la question de savoir si leurs supérieurs étaient au courant des faits – cela n’entrait d’ailleurs pas dans son cahier des charges.


 


L’histoire de la marijuana a projeté deux semaines durant le Val-de-Travers au premier plan de l’actualité, et ce sous un jour très défavorable. Val-de-Travers rimerait (dorénavant) avec trafic, crime organisé, mafia, l’omerta, le clan, la loi du silence…comme le soulignait à l’époque un responsable de police cantonale neuchâteloise.


 


Le Cartel du chanvre, ou plutôt, le remue-ménage que cela a déclenché à vite eu fait de prendre une place importante dans la presse romande. Pas un jour sans qu’un épisode nouveau ne s’ajoute à d’autres, des lieux de production qui se découvraient pratiquement à la queue leu-leu, des accusés dépeints comme des brigands qui font peur à toute une région.


 


Absinthe et chanvre indigène


Il y eut à tout cela des dommages collatéraux touchant et l’absinthe du Val-de-Travers et le chanvre indigène (sativa non-indica).


 


Coïncidant exactement avec la libéralisation de l’absinthe, cette marchandise appelée à de grandes ventes, s’est trouvée indirectement en butte avec la mauvaise réputation attachée dorénavant au Val-de-Travers. Les pertes économiques, difficilement chiffrables, sont sensibles. On a entendu des remarques comme: «De l’absinthe du Val-de-Travers, non merci, des fois qu’on y aurait mis du haschisch».


 


Quant au chanvre indigène, il eut à pâtir de la mauvaise réputation qui est venue s’attacher, une fois de plus, au chanvre en général. En effet, plutôt que d’user des termes botaniques et juridiques corrects, soit en l’occurrence ‘chanvre indien’, ou ‘cannabis’, ou ‘marijuana’, c’est toujours le terme ‘chanvre’ sans autre précision qui fut celui manié par les médias et les trois personnes ci-dessus mentionnées.


 


Commission d’enquête privée


Bien des points étant restés sous forme d’interrogation et la presse s’en étant fait le reflet, des personnes, groupements et entreprises directement ou indirectement touchés par les évènements – du Val-de-Travers, du canton de Neuchâtel et du reste de la Suisse- ont décidé la création d’une commission au but bien déterminé:


 


La découverte des sites est-elle vraiment due au hasard d’un cambriolage (version officielle) ou la police neuchâteloise savait-elle, plus exactement, aurait-elle dû ou pu savoir avant?


 


La réponse est affirmative: La police neuchâteloise, précisément le haut fonctionnaire impliqué, était au courant de tout. En fait, le dit Cartel n’étaient qu’un petit élément, une pièce d’un puzzle bien plus important – et dont la pièce principale, le centre giratoire ne se situe pas dans le Val de Travers, mais dans le Val-de-Ruz.


 


Val-de-Ruz


C’est en cette région que réside celui qui, six ans durant, de 1996 à 2002, a produit une quantité de marijuana pour une valeur dans la rue de quelques dizaines de millions de francs. Il était le dirigeant d’une organisation ayant mis sur le marché suisse, six ans durant, pour une valeur de plusieurs centaines de millions de francs en marijuana génétiquement modifiée et en une quantité de plusieurs tonnes de haschisch. Le centre névralgique de cette organisation se trouvait en Valais, canton vers lequel était dirigée la marchandise produite au Val-de-Ruz.


 


L’homme produisait – avec l’accord tacite de la police neuchâteloise- de la marijuana depuis 1996. L’homme était protégé également par l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), qui le présentait aux médias tant suisses que étrangers comme producteur de chanvre agricole, représentant de la paysannerie intéressée au chanvre (sic).


 


 


Procès alibi


Ce n’est qu’en 1999 que la police s’est – formellement- intéressé à lui.


Le 31 octobre 2000 il a été condamné à une peine de 15 jours d’emprisonnement avec sursis pendant trois ans.


Le 20 avril 2001 a suivi une autre peine de vingt jours avec sursis. Il a continué – au vu et au su de la police cantonale neuchâteloise – à produire de la marijuana génétiquement modifiée.


En 2002 il avait encore un terrain de 3500 m2 composé des variétés de chanvre indien ‘fraise’, ‘alpina’ et ‘durban’, pur une valeur de rue de quelques 8 millions de francs.


Le 5 novembre 2003 le producteur du Val-de-Ruz a été entièrement acquitté pour ces faits. Selon jugement Tribunal de police du Val-de-Ruz, il n’y avait dans le dossier de police aucun indice permettant de croire qu’il y avait infraction à la loi (sic). L’accusé avait été dispensé de comparaître.


 


Le Matin SUISSE du 3 juin 2004


 


D’autres informations sur ce sujet – tel que la publication du jugement du Val-de-Ruz – seront publiées ici au courant de la semaine prochaine.


 


ASAC